L'homme, un mangeur de requin…

Le requin, victime de sa réputation de «mangeur d’hommes»

L’idée que les requins sont des créatures sanguinaires ne date pas d’hier, c’est une  conception qui est fermement ancrée dans notre culture. Déjà, en 1778, le peintre américain Copley fait une oeuvre intitulée Watson and the shark qui illustre une attaque de requin. Quant à lui, le film Jaws a avivé la peur déjà existante des requins en alimentant notre imaginaire. Ce long-métrage a marqué plusieurs au point de ne plus se sentir confortable dans les piscines, même si il est complètement irrationnel de croire qu’un requin pourrait s’y trouver, une pensée persiste. Toutefois, nous nous trompons totalement quant à ces magnifiques créatures, il est important de s’éduquer et de s’en rendre compte parce la situation est dramatique et les requins pourraient être chose du passé dans un futur proche.

Des animaux d’exception

Les requins sont des êtres qui n’ont pratiquement pas évolués depuis des millions d’années, parce qu’ils sont parfaitement adaptés à leur environnement. Leur physiologie est remarquable, ils ont une peau recouverte de dents miniatures pour avoir un hydrodynamisme optimal et fendre les eaux gracieusement. Ils ont également une ossature cartilagineuse qui est légère et permet de se déplacer rapidement et efficacement en gardant une bonne flottabilité. Leur nageoire dorsale si caractéristique leur permet plus de stabilité. Leurs sens sont très développés, ils ont des ampoules de Lorenzini, soit des organes sensoriels qui permettent de détecter les champs électriques, entre autre ceux créés par les proies, ce qui est un outil efficace pour la chasse. Le sens de l’odorat des squales est également très développé puisqu’ils peuvent détecter une particule de sang dans un million de particules d’eau ce qui équivaut à la quantité d’une cuillère dans une piscine. Lorsqu’on mentionne les requins, la première image qui nous vient en tête est un grand requin blanc, un requin tigre, un requin marteau... alors qu’il y a plus de 500 espèces de requins qui ont tous des tailles et formes différentes. Le plus petit squale a la grandeur d’une main et certaines espèces sont même bioluminescentes.

Une fausse conception

Les requins sont des animaux imposants et intimidants de par leur physique massif et la puissance passive qui s’en dégage, mais ils ne sont pas des «mangeurs d’homme» pour autant. La réputation que des films comme Jaws leur a donnée n’est pas représentative de la réalité. Les attaques de requins arrivent, nul besoin de le nier. Par contre, elles sont beaucoup moins nombreuses que le prétend leur réputation. En 2017, il y a eu 155 incidents avec des squales, 88 d’entre eux n’étaient pas provoqués et parmi ceux-ci seulement 5 étaient fatals. Cela peut paraître beaucoup, mais il faut se mettre en contexte les millions de personnes qui vont à la plage chaque jour et ce un peu partout dans le monde. Les attaques de requins sont rares et circonstancielles, il faut garder à l’esprit que ce sont des animaux qui pour différentes raisons peuvent réagir de manière imprévisible à des situations. Se baigner au lever et au coucher du soleil alors qu’ils chassent, porter des bijoux pouvant réfléchir la lumière et nager d’une manière frénétique en faisant des bulles et des remous comme une proie en danger sont des facteurs qui augmentent les risques qu’un requin vous confonde avec une proie. Par exemple, les surfers, vus d’en-dessous ressemble à des tortues de mer avec leur planche de surf. Les requins ne font pas par exprès, mais il arrive qu’ils se trompent, toutefois les statistiques le démontrent, il est très peu probable de se faire attaquer par un squale. La probabilité est de 1 sur 3 748 067, c’est infime et on le réalise encore plus en la comparant avec la probabilité de se faire frapper par la foudre, soit 1 sur 340 733. Si ils étaient réellement des «mangeurs d’homme», les nombre d’attaques et surtout de décès seraient beaucoup plus élevé, d’ailleurs ce dernier est si faible parce que lorsqu’ils nous confondent  avec une proie et qu’ils mordent un humain, ils réalisent qu’ils se sont trompés et s’en vont puisqu’ils n’aiment pas la chair humaine.

De superprédateur à proie

Les requins se portent mal, actuellement, avec la surpêche, plusieurs espèces de requins sont en voie d’extinction et plusieurs se rajouteront à la liste prochainement puisque nous les tuons à un rythme effréné. Chaque année, c’est plus de 100 million de requins qui sont tués par l’humain, soit 11 417 par heure, 180 par minute et trois par seconde... C’est atroce, les chiffres parlent d’eux-mêmes, mais il est difficile d’en saisir l’ampleur tant ils sont démesurés. La pratique qui est derrière tout cela s’appelle le finning en anglais, elle consiste à pêcher les requins pour prendre leur ailerons et ensuite les remettre à l’eau où ils suffoquent et meurent faute de pouvoir nager pour faire circuler de l’eau dans leurs branchie afin de pouvoir respirer. C’est vraiment cruel et heureusement plusieurs pays appliquent des lois pour empêcher le phénomène, mais le braconnage persiste et les requins continuent de mourir par millions. La chose est commune dans certaines cultures qui en font des soupes. Celles-ci sont très onéreuses et une livre d’ailerons de requin peut s’élever jusqu’à 500$. C’est une catastrophe pour nos écosystèmes qui débalance les relations proie-prédateur et en affectant à large échelle nos océans.

Les requins dans les livres d’histoire?

Dans un avenir proche, les requins seront chose du passé et nous ne les retrouveront plus que dans les livres d’histoire si nous ne changeons pas les choses rapidement. Chaque seconde, trois requins sont tués par des humains dans le monde, leur mort aura servie à satisfaire une demande gastronomique irationnelle et destructrice pour nos océans. Ce sont des créatures majestueuses qui ont payé le prix d’une réputation qui leur a été malencontreusement attribuée. Il faut s’éduquer pour changer la perception que nous avons de ces animaux extraordinaires qui n’ont pratiquement pas évolués depuis des millions d’années parce qu’ils sont si bien adaptés à leur environnement.

Alexandre Goudreau
Écrivez le premier commentaire...
Laisser un commentaire